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LETTRE A LA MUNUSCO SUR LES REFUGIES AU NORD-KIVU RDCONGO

LETTRE A LA MUNUSCO SUR LES REFUGIES AU NORD-KIVU RDCONGO

Date: Le 04 Juillet, 2021

Le Charge des Droits de l’Homme

MONUSCO

Goma Nord- Kivu/ R.D.Congo

Objet: Saisir votre attention sur la situation désastreuse des réfugiés au Nord-Kivu/ R.D.Congo

Monsieur,

Nous, leaders des réfugiés et Global Refugee Leaders Forum/ Humanité Plus basés au Nord Kivu, par la présente, avons l’honneur d’aborder votre haute personnalité pour transmettre ce dont l’objet est repris en marge. Ceci dans le cadre de notre convictions « les réfugiés ne sont pas des problèmes mais ils ont des problèmes ».

Nous profitons de cette opportunité pour vous rappeler que la R.D.Congo est signataire de la Convention des Nations Unies pour les Réfugiés de 1951, de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, ainsi que la mise en place de la loi Congolaise portant statuts des réfugiés du 16 Octobre 2002, qui a incombé aussi la naissance de la Commission Nationale pour les Réfugiés (CNR), ainsi que la ferme volonté politique de Son Excellence le Président de la République prônant l’Etat de Droit.

Toutefois, nous continuons à déplorer l’inefficacité de la CNR, le HCR et les autres organisations partenaires pour bien adresser la problématique des réfugiés et ceci serait à la base de l’absence totale de l’Etat Congolais dans ce domaine pourtant très important et stratégique pour la République Démocratique du Congo.

Cependant la réalité en place montre une grande insuffisance sur l’application des lois existantes en vigueur et les conséquences sont très néfastes et ont effondrées au point zéro le désir de ce pays de bien protéger les réfugiés.

En effet, conformément à la disposition décrétée par le chef de l’Etat relative à l’établissement de la paix et sécurité sur toute l’étendue de l’Est du pays que nous soutenons fortement, nous, leaders des réfugiés et organisation défendant les droits des réfugiés vivant sur cette zone géographique ciblée par l’Etat de siège et actuellement affectée par l’éruption du Volcan, avons les inquiétudes sur les mesures prises à tous les niveaux qui semblent ignorer l’existence des réfugiés ici à l’Est du pays. Ces mesures rencontrent déjà les réfugiés dans une situation de vulnérabilité et souvent considérés comme une des causes aux problèmes, et surtout que la R.D.Congo n’a pas encore mis en place une politique nationale efficace de gestion des réfugiés sur son sol.

La discrimination et la stigmatisation envers les réfugiés et demandeurs d’asile observées depuis longtemps par les populations d’accueil où les réfugiés seraient menacés des attaques ciblées et doivent recourir aux armes à feu pour se protéger, car certaines autorités locales surtout ceux-là qui occupent des postes électives, les services de sécurité comme les éléments de l’Armée Nationale, l’Agence Nationale pour le Renseignement (ANR), la Police Nationale Congolaise (PNC), la Direction Générale de Migration (DGM) et les organisations gouvernementales et non-gouvernementales qui continuent à infliger des appellations à connotation comme ennemis de la paix aux réfugiés, et dont on observe le manque de collaboration entre ces institutions de l’Etat avec la CNR pour bien répondre aux difficultés des réfugiés.

Le manque des lieux clairs de résidence pour les réfugiés qu’on appellerait des camps des réfugiés qui sont conformes aux normes des Nations Unies continuent d’accentuer des perceptions négatives de la population qui considère ces réfugiés comme des étrangers qui viennent occuper leurs terres qu’on appelle souvent le dépeuplement. Ceci crée des insécurités généralisées et permanentes aux refugies ainsi que les violations massives de leurs droits tels que les arrestations arbitraires, les meurtres, les disparitions forcées, le kidnapping, les déportations et d’autres différentes formes de rapatriements forces.

L’assistance humanitaire quasiment inexistante pour des milliers des réfugiés notamment l’accès à la nourriture, le logement, les soins médicaux, l’éducation et d’autres avantages y relatifs. Les solutions durables comme le Rapatriement Volontaire, l’Intégration Locale et la Réinstallation sont bafoués par des structures concernées obligent des réfugiés à chercher d’autres voix pour survivre en exploitant des ressources naturelles dont les plus visibles restent la déforestation du Parc National de Virunga, et l’exploitation des minerais dans plusieurs coins ici à l’Est que les Congolais appellent « pillage des ressources naturelles ». Ce qui en découle sont les différentes formes d’exploitation sexuelles, le VIH SIDA, les IST et les viols contre les femmes et filles refugies au Nord-Kivu sous le silence des humanitaires. Et pourtant la promotion de toutes ces solutions durables pouvait motiver beaucoup des réfugiés à quitter les groupes armés pour intégrer la vie civile pour leur propre développement et ainsi que les communautés d’accueil.

La politisation et l’amalgame autours de la présence des réfugiés sont les grands problèmes qui nuisent à leur protection dont l’Etat à chaque niveau devrait aux réfugiés depuis les communautés d’accueil jusqu’au au sommet de l’Etat. Les réfugiés restent des vulnérables et victimes pendant des longues dates des violences perpétrées par des groupes armés et souvent personne n’en parle, les catastrophes naturelles et les violences politiques, comme tout le monde ici à l’Est mais malheureusement les solutions envisagées ne prennent pas en compte cet aspect d’une manière spécifique et surtout que le gouvernement de la R.D.Congo n’a pas encore communiqué son approche envers ces réfugiés.

Au-delà de la réalité amère que nous observons certains réfugiés ont déjà fait plus de 10 ans en attente des leurs statuts de réfugiés, des milliers des réfugiés demeurent sans même être enregistrés et sont obligés d’utiliser les Cartes d’Electeur avec tous les risques possibles d’être assimilés aux infiltrés étrangers. Les documents juridiques de certains réfugiés et demandeurs d’asile qui ne sont pas exhaustifs auprès des autorités civiles et militaires et normalement qui ne sont pas harmonisés nécessitent une information et explication urgente pour une considération pendant cette période de l’état de siège ainsi que lors d’accès aux services qui demandent une identification.

Alors que l’identification de chaque personne reste une priorité pendant cette période dont rien n’a été encore proposé d’une façon officielle pour aider les réfugiés à vivre en quiétude dans ce que Son Excellence Mr. Le Président de la République a appelé « terre des réfugiés ».

Au moment où nous écrivons cette lettre les documents des réfugiés livrés par le Gouvernement Congolais ne sont ni acceptés ni considérés par plusieurs Agences qui donnent services à la population ici en R.D.Congo surtout les compagnies des Communications, les Banques, les Ports, les Aéroports.

A Goma, nous estimons qu’il aurait plus 10,000 réfugiés mais seulement une petite partie de 3,000 seraient enregistrés et reconnus par la CNR, le Nord-Kivu compterait plus de 700,000 réfugiés mais seulement 100,000 seraient enregistrés par la CNR.

Considérant aussi qu’un grand nombre des réfugiés résident dans des milieux où n’existent ni l’Armée Congolaise, ni la Police Nationale Congolaise ces derniers manquent des mécanismes de protection locale et sont souvent obligés à développer l’instinct de l’auto-défense face aux régimes coutumiers oppressifs contre eux et mêmes des opérations militaires qui se focalisent dans les milieux connus qui abritent les réfugiés.

Cette vulnérabilité parait encore plus accentuer par l’Etat de Siège mais aussi l’éruption du Volcan de Nyiragongo et dont jusqu’à présent l’Etat Congolais n’a pas encore mis en place des interventions pour répondre aux problèmes particuliers qui affectent les réfugiés et résoudre les injustices qu’on observe pendant les distributions de l’aide humanitaire aux sinistrés dont les réfugiés continuent à subir des discriminations.

Depuis longtemps jusqu’à nos jours des rapatriements massifs forcés des réfugiés et demandeurs d’asile ont été observés surtout vers le Rwanda dont la CNR estime que depuis 2010 plus de 170,000 réfugiés ont été forcés de partir, et ceci sous silence et complicité de la structure gouvernementale « la Commission Nationale pour les Réfugiés, CNR » et non-gouvernementale en charge des réfugiés surtout « le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés le HCR » et souvent par le truchement de la MONUSCO en baptisant des réfugiés sous le nom des groupes armés ou combattants armés.

Les réfugiés sont stigmatisés sous plusieurs formes à cause de leurs appartenances sociales liées à leurs pays de provenance. Au Nord-Kivu il y a un traitement particulier réservé aux Rwandais qui est différent de la façon dont les Burundais sont considérés car ces derniers dont environ 90% seraient des Congolais enregistrés par la CNR et le HCR en les promettant d’être réinstaller. Ce sont bien eux qui bénéficieraient tous les droits réservés aux vrais réfugiés.

Nous sommes très inquiets de constater que des organismes qui ont des mandats traditionnels pour s’occuper de la protection et de l’assistance aux réfugiés partout dans le monde, tendent à changer cette dynamique une fois sur le sol Congolais en rejetant à côté les réfugiés. Au Nord Kivu, le HCR et toutes ses organisations partenaires sont plus connus dans l’aide aux Déplacés Internes au détriment des réfugiés.

Par ailleurs, nous demandons à tous ceux qui nous lisent en copie que nous sommes de cœur avec les dispositions et stratégies prises par le chef de l’Etat pour sécuriser l’Est du pays. Nous nous engageons à mobiliser d’autres réfugiés et demandeurs d’asile pour coopérer avec les autorités en place pendant les opérations malgré les faits ci- haut citées et de soutenir toutes les initiatives du Gouvernement Congolais pour porter assistance à ceux-là qui ont été victimes du Volcan.

Nous sommes confiants que la R.D.Congo respectera les lois nationales qu’internationales en vigueur régissant les réfugiés pendant ce moment unique et complexe pour la paix et la sécurité à l’Est du pays. Et que ce pays peut mettre en place des pratiques qui démontrent que la R.D.Congo est une « Terre des Réfugiés » dont nous rêvons impatiemment.

Nous les signataires

Rodha Mukeshimana

Représentante des Refugies Urbains

Tel : +243972055518

Email: rodhamukeshimana2

Jackson Baguma

Coordonateur Regional: Global Refugee Leaders Forum/ Humanité Plus

Tel: +243973704159

Email: refugeeleadersforum

Prosper Toyota

Tel: +243850885290

Email: prospertoyota03

Author: Editor team