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LLETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA RDCONGO SUR LES REFUGIES A L’EST

LLETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA RDCONGO SUR LES REFUGIES A L’EST

Date: Le 13 Juin, 2021

A Son Excellence Monsieur le Président

De la République Démocratique du Congo, Chef de l’Etat

(Avec l’expression de nos hommages les plus déférents)

Palais de la Nation, à Kinshasa/ Gombe

Objet: Manque de protection des réfugiés et demandeurs d’asile causé par l’absence de l’Etat dans leur situation à l’Est de la République Démocratique du Congo à l’occasion de votre visite à Goma, Nord –Kivu, et mémoire de la journée mondiale des réfugiés du 20 Juin 2021.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Nous, Global Refugee Leaders Forum/ Humanité Plus basés au Nord Kivu – R.D.Congo, par la présente, avons l’honneur d’aborder votre haute personnalité pour vous accueillir à Goma en particulier et au Nord-Kivu en général et aussi vous décrire ce dont l’objet est repris en marge. Ceci dans le cadre de notre convictions « les réfugiés ne sont pas des problèmes mais ils ont des problèmes ».

Votre présence à Goma intervient au moment où la R.D.Congo en concert avec toute l’humanité commémorent la Journée Mondiale pour les réfugiés ce 20 Juin 2021 dont le thème nous interpelle à un travail collectif en faveur du bien-être des réfugiés.

Nous profitons de cette opportunité pour vous rappeler que la R.D.Congo est signataire de la Convention des Nations Unies pour les Réfugiés de 1951, de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, ainsi que la mise en place de la loi Congolaise portant statuts des réfugiés du 16 Octobre 2002, qui a incombé aussi la naissance de la Commission Nationale pour les Réfugiés (CNR), ainsi que votre volonté politique d’assurer la protection des réfugiés que vous aviez affirmé en Février 2019 hors du Sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba. Etant Président en exercice de l’Union Africaine, cette structure a aussi une belle convention sur la protection des réfugiés dont la République Démocratique du Congo est membre signataire. Ceci placerait ce pays d’avoir un réservoir légal riche qui permettrait une protection effective des réfugiés.

Toute fois, nous continuons à déplorer l’inefficacité de la CNR ici à l’Est pour bien adresser la problématique des réfugiés et ceci serait à la base de l’absence totale de l’Etat Congolais dans ce domaine pourtant très important et stratégique pour la République Démocratique du Congo. Bien que nous sommes aussi tentés de penser que la NCR serait confrontée aux difficultés énormes causées par le manque des moyens financiers, des ressources humaines, des matériels ainsi que l’incapacité de mettre en place une nouvelle approche basée sur politique et la vision actuelle du Chef de l’Etat en rapport avec l’Etat de Droits, la paix, le Développement ainsi que l’image positive du pays sur le plan international et le bon voisinage. Les solutions urgentes passeraient par la redynamisation de la CNR ainsi que la mise en place des réformes nécessaires qui permettront à la CNR d’être plus efficace dans ce domaine des réfugiés très, susceptibles.

Cependant la réalité en place montre une grande insuffisance sur l’application des lois existantes en vigueur et les conséquences sont très désastreuses et ont effondrées au point zéro le désir de ce pays de bien protéger les réfugiés comme vous l’aviez indiqué récemment dans votre rencontre avec les Diplomates accrédités a Kinshasa « la RDC terre des réfugiés » lors d’une réunion où vous avez indiqué le souhait de la candidature de la R.D.Congo au Conseil des Nations Unies comme membre non permanent.

En effet, conformément à la disposition décrétée par le chef de l’Etat relative à l’établissement de la paix et sécurité sur toute l’étendue de l’Est du pays que nous soutenons fortement, nous, organisation défendant les droits des réfugiés vivant sur cette zone géographique ciblée par l’Etat de siège et actuellement affectée par l’éruption du Volcan, avons les inquiétudes sur les mesures prises à tous les niveaux qui semblent ignorer l’existence des réfugiés ici à l’Est du pays. Ces mesures rencontrent déjà les réfugiés dans une situation de vulnérabilité et souvent considérés comme une des causes aux problèmes, et surtout que la R.D.Congo n’a pas encore mis en place une politique nationale efficace de gestion des réfugiés sur son sol.

La discrimination et la stigmatisation envers les réfugiés et demandeurs d’asile observées depuis longtemps par les populations d’accueil où les réfugiés seraient menacés des attaques ciblées et doivent recourir aux armes à feu pour se protéger, car certaines autorités locales surtout ceux-là qui occupent des postes électives, les services de sécurité comme les éléments de l’Armée Nationale, l’Agence Nationale pour le Renseignement (ANR), la Police Nationale Congolaise (PNC), la Direction Générale de Migration (DGM) et les organisations gouvernementales et non-gouvernementales qui continuent à infliger des appellations à connotation comme ennemis de la paix aux réfugiés, et dont on observe le manque de collaboration entre ces institutions de l’Etat avec la CNR pour bien répondre aux difficultés des réfugiés.

Le manque des lieux clairs de résidences pour les réfugiés qu’on appellerait des camps des réfugiés continuent d’accentuer des perceptions négatives de la population qui considère ces réfugiés comme des étrangers qui viennent occuper leurs terres qu’on appelle souvent le dépeuplement.

Mais aussi le manque de l’assistance humanitaire ainsi que la non-existence des solutions durables obligent des réfugiés à chercher d’autres voix pour survivre en exploitant des ressources naturelles dont les plus visibles restent la déforestation du Parc National de Virunga, et l’exploitation des minerais dans plusieurs coins ici à l’Est que les Congolais appellent « pillage des ressources naturelles ».

La politisation et l’amalgame autours de la présence des réfugiés ici à l’Est sont les grands problèmes qui nuisent à leur protection dont l’Etat à chaque niveau devrait aux réfugiés depuis les communautés d’accueil jusqu’au au sommet de l’Etat. Les réfugiés restent des vulnérables et victimes pendant des longues dates des violences perpétrées par des groupes armés et souvent personne n’en parle, les catastrophes naturelles et les violences politiques, comme tout le monde ici à l’Est mais malheureusement les solutions envisagées ne prennent pas en compte cet aspect d’une manière spécifique et surtout que le gouvernement de la R.D.Congo n’a pas encore communiqué son approche envers ces réfugiés.

Au-delà de la réalité amère que nous observons certains réfugiés ont déjà fait plus de 10 ans en attente des leurs statuts de réfugiés, des milliers des réfugiés demeurent sans même être enregistrés et sont obligés d’utiliser les Cartes d’Electeur avec tous les risques possibles d’être assimilés aux infiltrés étrangers. Les documents juridiques de certains réfugiés et demandeurs d’asile qui ne sont pas exhaustifs auprès des autorités civiles et militaires et normalement qui ne sont pas harmonisés nécessitent une information et explication urgente pour une considération pendant cette période de l’état de siège ainsi que lors d’accès aux services qui demandent une identification.

Alors que l’identification de chaque personne reste une priorité pendant cette période dont rien n’a été encore proposé d’une façon officielle pour aider les réfugiés à vivre en quiétude dans ce que vous avez appelé « terre des réfugiés ».

Au moment où nous écrivons cette lettre les documents des réfugiés livrés par le Gouvernement Congolais ne sont ni acceptés ni considérés par plusieurs Agences qui donnent services à la population ici en R.D.Congo. Récemment, les Compagnies de Communication nous ont indiquées qu’elles obligent les réfugiés à chercher la Carte d’Electeur pour accéder aux services de Communication. Des arrestations arbitraires d’un nombre considérable à la barrière de Mubambiro vers Sake alors qu’ils se déplaçaient à cause du Volcan car les services de sécurités exigeaient la Carte d’Electeur, et ceux-là qui n’avaient pas de Carte d’Electeur étaient obligés de payer entre 20$ à 35$ pour traverser la barrière ce qui n’est normale avec le statut de réfugiés.

Le manque de l’identification a poussé des milliers des réfugiés à recours aux Cartes d’Electeurs dans ce qui est communément appelé « camouflage en Congolais», et ceci engendre plusieurs conflits avec les populations locales, au profit des certains hommes politiques pour des raisons électorales enfin de gagner des élections. A Masisi par exemple nous estimons que plus de 30% de sa population serait des réfugiés qui ont été aussi manipulés pendant les élections de 2018 pour faire passer certains Députés.

Ici à Goma, nous estimons qu’il aurait plus 10,000 réfugiés mais seulement une petite partie de 3,000 seraient enregistrés par la CNR Goma, nous estimons que le Nord-Kivu compterait plus de 700,000 réfugiés mais seulement 100,000 seraient enregistrés par la CNR. Bien que le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) estime que la R.D.Congo accueil plus de 550,000 réfugiés, nous pensons que ces chiffres seraient très loin de la réalité et que les réfugiés en R.D.Congo seraient plus de 1, 500,000 dont une grande partie se trouverait à l’Est. La protection des réfugiés passerait par cette reconnaissance par l’Etat Congolais dont nous pensons qu’il est très urgent d’identifier chaque réfugié dans ce pays pour une gestion plus efficace.

Considérant aussi qu’un grand nombre des réfugiés résident dans des milieux où n’existent ni l’Armée Congolaise, ni la Police Nationale Congolaise ces derniers manquent des mécanismes de protection locale et sont souvent obligés à développer l’instinct de l’auto-défense face aux régimes coutumiers oppressifs contre eux.

Les réfugiés et demandeurs d’asile sont victimes des plusieurs opérations militaires à l’Est de la R.D.Congo, des assassinats ciblés où nous estimons que depuis 2018 au moins 9 réfugiés ont déjà été assassinés par des services de sécurité dont on ignore l’identité, viols qui continuent contre les réfugiés et qui restent non documenter, à Mugunga par exemple et certains quartiers de Nyiragongo nous avions déjà identifié plus de 130 femmes réfugiés qui ont déjà été violées dont les plus récent dates de 2020, kidnapping et enlèvement dont nous estimons que depuis 2018 plus de 5 réfugiés ont déjà été kidnappés dont le plus récent et celui de Angelo ici à Goma en date du 26 Mai 2021, exploitations sexuelles qui restent des pratiques quotidiennes pour accéder aux services, déportations envers leurs pays d’origines surtout vers le Rwanda dont 3 réfugiés ont déjà été victimes depuis 2019, l’existence des rapatriements forces des réfugiés, et des agressions physiques et psychologiques à l’œil impuissant des représentants du pouvoir en place ainsi que les humanitaires.

Cette vulnérabilité parait encore plus accentuée par l’Etat de Siège qui n’a pas encore tenue en considération les aspects particuliers liés à la protection des réfugiés dans leurs diversités dans cette province du Nord-Kivu, mais aussi l’éruption du Volcan de Nyiragongo et dont jusqu’à présent l’Etat Congolais n’a pas encore mis en place des interventions pour répondre aux problèmes particuliers qui affectent les réfugiés et résoudre les injustices qu’on observe pendant les distributions de l’aide humanitaire aux sinistrés dont les réfugiés continuent à subir des discriminations.

Depuis longtemps jusqu’à nos jours des rapatriements massifs forcés des réfugiés et demandeurs d’asile ont été observés surtout vers le Rwanda dont la CNR estime que depuis 2010 plus de 170,000 réfugiés ont été forcés de partir, et ceci sous silence et complicité de la structure gouvernementale « la Commission Nationale pour les Réfugiés, CNR » et non-gouvernementale en charge des réfugiés surtout « le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés le HCR » et souvent par le truchement de la MONUSCO en baptisant des réfugiés sous le nom des groupes armés ou combattants armés.

Et pourtant ces pratiques sont contraires aux lois internationales et nationales citées ci-haut, et souvent mettent la vie de ces réfugiés en risque, en même temps ces rapatriements forcés ne sont pas bénéfiques à l’Etat Congolais, au contraire ils sont des problèmes pour la R.D.Congo car des allégations indiquent que certains de ces réfugiés seraient encore renvoyés ici pour différentes missions et d’autres se dirigent soit en Ouganda, Kenya et Tanzanie où ils sont enregistrés comme des réfugiés Congolais et souvent seraient facile à être recrutés par des groupes armés pour combattre sur le sol Congolais, comme l’aurait constaté les officiers de l’Armées Congolaise qui avaient visité les Camps des Réfugiés de KyakaII et Kyangwali en Ouganda en Juillet 2020.

Nous craignons la recrudescence des rapatriements forcés et toutes autres formes de déportations pendant ce moment crucial à l’Est du pays. Auquel s’ajouterait le rapprochement militaire entre la R.D.Congo et le Rwanda qui porterait atteinte à la sécurité des réfugiés ici à l’Est du pays, ainsi que la politisation des réfugiés à plusieurs niveaux, local, national, régional et international. Ceci demanderait l’activation de la Diplomatie Congolaise pour présenter au monde une politique favorable à la protection des réfugiés sur le territoire Congolais.

Les réfugiés sont stigmatisés sous plusieurs formes à cause de leurs appartenances sociales liées à leurs pays de provenance. Au Nord-Kivu il y a un traitement particulier réservé aux Rwandais qui est différent de la façon dont les Burundais sont considérés, et demeurent vulnérables par manque de l’aide humanitaire surtout le logement, la nourriture, l’éducation, la santé, le développement ainsi que la mise en place des trois solutions durables surtout la Réinstallation pour un troisième pays, l’intégration locale dans la société Congolaise ainsi que le Rapatriement Volontaire dans leur pays d’origine.

La survie des réfugiés et demandeurs d’asile reste incertaine car leur liberté de circulation ainsi que la peur d’attaques et menaces xénophobes ont toujours radicalement bâclé leurs moyens de se débrouiller, d’où le HCR et d’autres organisations humanitaires devraient être mobilisées par le Gouvernement Congolais pour les prendre en charge durant le moment difficile imprévu ainsi que la mise en place d’un plan de leur développement.

Nous sommes très inquiets de constater que des organismes qui ont des mandats traditionnels pour s’occuper de la protection et de l’assistance aux réfugiés partout dans le monde, tendent à changer cette dynamique une fois sur le sol Congolais en rejetant à côté les réfugiés, et ceci parait plus politique. Ici au Nord Kivu, le HCR et toutes ses organisations partenaires sont plus connus dans l’aide aux Déplacés Internes au détriment des réfugiés.

Par ailleurs, nous demandons à tous ceux qui nous lisent en copie que nous sommes de cœur avec les dispositions et stratégies prises par le chef de l’Etat pour sécuriser l’Est du pays. Nous nous engageons à mobiliser d’autres réfugiés et demandeurs d’asile pour coopérer avec les autorités en place pendant les opérations malgré les faits ci- haut citées et de soutenir toutes les initiatives du Gouvernement Congolais pour porter assistance à ceux-là qui ont été victimes du Volcan.

Nous sommes confiant que la R.D.Congo respectera les lois nationales qu’internationales en vigueur régissant les réfugiés pendant ce moment unique et complexe pour la paix et la sécurité à l’Est du pays. Et que ce pays peut mettre en place des pratiques qui démontrent que la R.D.Congo est une « Terre des Réfugiés » dont nous rêvons impatiemment.

Et pour que cela devienne une réalité dans la vie des réfugiés, il est urgent d’instruire le Gouvernement à travers le Ministre des Affaires Intérieurs pour mettre en place des solutions urgentes, après avoir consultés ces réfugiés qui ont des bonnes idées pour des réponses appropriées à leurs problèmes. Nous le disons encore « les réfugiés ne sont pas des problèmes mais ils ont des problèmes » et nous pouvons faire ce pays un modèle de bonne gestion des réfugiés au monde.

Nous vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression de nos hommages les plus déférents.

Jackson Baguma Ntamuzinda

CoordonnateurRégional

Author: Editor team